L'Architecte et le Jardinier

La marche vers l'impossible (extrait)

Page 30 :... - « Je ne me sens pas digne de te parler, tant ma détresse est peu de chose à côté des événements qui bouleversent l’humanité… Pourtant, j’ai besoin d’aide… L’espérance qui fut mon chemin de vie s’étiole à l’instant où je voudrais tout recommencer. La solitude m’envahit et me pénètre comme une maladie. J’ai mal. Faut-il renoncer à donner de l’amour ? Ce ne serait plus croire, ce ne serait plus être, ce ne serait plus voir la lumière alors qu’il fait encore jour. Hélas ! Je ne sais pas prier ! Et je crains, plus que tout, l’idolâtrie et le fanatisme ! Mais, par contre, on m’a parlé de toi comme de la bonté même ! Offre à mon trait ta fraîcheur et ton innocence et je te dessinerai le meilleur qui m’anime. Je sais que mon œuvre restera inachevée si tu n’as pas la force de combattre les complots des jaloux. C’est pour cela, que ce soir, je suis venu te confier les outils nécessaires pour que tu deviennes le maître de ta destinée… En redonnant le jour à ce qui t’appartient déjà, je me délivre de la souffrance universelle en quelques mots : j’ai besoin de toi, Mathieu… »...

 

La source des vérités (extrait)

Page 88 : "...Crapahutant avec l’aide d’un bâton taillé à la va-vite, puis s’aidant de ses mains pour gravir une côte hostile et sinistre, Mathieu aperçut bientôt l’orée de la grande châtaigneraie. Une émotion intense noua ses entrailles et le poussa à accélérer son pas. Son souffle devint court et le manque d’entraînement commença à se faire sentir. Mais la lumière qui incendiait les belles feuilles vertes des arbres immenses finit par le doper de pensées euphoriques. Si bien que, par mégarde, ses pieds se prirent dans la liane d’une ronce et il se retrouva à genoux, face à la beauté du lieu. Joignant les mains comme pour prier, il s’entendit s’exclamer :

- Voilà la cathédrale aux vitraux naturels ! Celle qui fut bâtie pour y inscrire tous les secrets de la conception du monde ! Que ses rayons éclairent les confins de l’univers et nous donnent à nous, les humains, l’humilité d’en être ses serviteurs !..."


Le sommet des merveilles (extrait)

Page 141 : "...Luc soupira et laissa son regard se perdre vers les falaises où la roche, mise à nue par les derniers éboulis du rude hiver passé, brillait comme un mica teinté de nacre. Luc y vit le miroir de son âme où l’incompréhension de Mathieu l’obligeait à contempler ses propres erreurs. Cette montagne était en tous points le reflet de ses conflits intérieurs. Aux versants drapés de cailloux blancs s’opposaient des éperons aux faces noires, véritable échiquier de contrastes où survivre devenait une permanente stratégie périlleuse. Fallait-il avoir une trempe de prédateur pour se surpasser et dominer autant de difficultés ? Luc savait au moins une chose : malgré les doutes ressentis, les réalités de la montagne ne connaissaient pas le mensonge.

De longues minutes s’écoulèrent où seule La Louve conserva son constant refrain, telle une rengaine rassurante qui rappelle la place et l’utilité de chacun. L’intensité sonore du torrent n’était-elle pas le repère idéal pour se situer dans la montagne ? Les ronrons finirent par atténuer la colère de Mathieu qui baissa la tête pour murmurer, penaud :

- J’ai encore été stupide ! Pardonne-moi… En vérité, je veux apprendre…"

 

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